Chelsea FC "King de l'Europe"

Chelsea est entré dans l’histoire. Grâce à Didier Drogba et Petr Cech, Chelsea est devenu pour l’éternité le premier club londonien à remporter une Ligue des Champions.

Par Erik Bielderman // Photos : UEFA

C’est la fin d’une malédiction pour Londres... Plus d’un demi-siècle d’efforts vains à chercher, à conquérir l’Europe pour les clubs londoniens. Incapables de remporter une Ligue des Champions alors que Liverpool en accumulait cinq, Manchester trois, Nottingham deux et Birmingham (Aston Villa) une.


C’est la fin d’une malédiction pour Chelsea...

 

Deux finales seulement dans toute l’histoire de la C1 avec Arsenal en 2006 et Chelsea en 2008. Deux finales perdues. Chelsea battu magnifique en demi ou en finale de C1 malgré les investissements de Roman Abramovich depuis 2003. Près d’un milliard et demi d’Euros engloutis en neuf ans. Oubliées les défaites face à Monaco en demi-finale en 2004, face à Liverpool également en demi-finale en 2005 puis 2007, Barcelone en 2009 et face à Manchester United en 2008, en finale cette fois.

 

C’est la fin d’une malédiction pour Didier Drogba...

 

Quatre finales internationales jouées et quatre finales perdues. Valence-Marseille (2-0) en finale de la coupe de l’UEFA 2004. Egypte-Côte d’Ivoire (0-0, 4 t.a.b à 2) finale de la CAN 2006. Manchester United-Chelsea : (1-1, 6 t.a.b. à 5) finale de la C1 2008. Zambie-Côte d’Ivoire  (0-0, 8 t.a.b. à 7) finale de la CAN 2012.
Tout cela est effacé. Le 19 mai 2012 restera à jamais gravé dans l’histoire du football londonien. Chelsea peut enfin envisager d’édifier un musée. Et se dire que désormais ce club a une histoire. Que les fans des grands d’Angleterre ne pourront plus chanter sans conteste à leur intention “ You have no history ”. Chelsea restera à jamais comme le premier club londonien à avoir conquis l’Europe. Quant à Drogba il a enfin vaincu le destin en étant l’un des deux joueurs clefs d’une finale tendue suffocante face à un Bayern Munich conquérant, puis fébrile à l’heure de récolter le fruit d’une longue mais vaine domination. Alors oui l’Ivoirien passé par Levallois, le Mans, Guingamp, Marseille est entré dans le panthéon des Blues. Pour son ultime match avec Chelsea il a avec Petr Cech l’autre héros de la finale permis aux “ Blues ” d’aller au bout de leur rêve contredisant tous les pronostics. Eux qui avaient déjà sur deux matches qui plus est éliminé le Barça grand favori de l’épreuve et tenant du titre.


Souvenez vous. Si Cech n’avait été géant tout au long d’un match dominé par les Bavarois, s’il n’avait détourné le penalty de Robben au début de la prolongation, le but égalisateur de Drogba eut été vain. Si Cech n’avait été solide lors de la séance de tirs au but, le but de Drogba eut été vain . Lui, Didier, qui fut l’auteur de la faute sur Ribéry amenant le penalty en faveur du Bayern. Lui qui fut expulsé en fin de match quatre ans plus tôt face à Manchester United et qui manqua cruellement aux “ Blues ” au moment de la séance de tirs au but.

 

Didier le miraculé.

 

Aussi c’est à lui, Didier, qu’allait échoir la magie de transformer le cinquième et ultime tir au but de Chelsea face à Manuel Neuer. Et dire que Chelsea ne souhaitait pas prolonger l’attaquant de 34 ans… Lui qui fut déjà décisif au même titre que Petr Cech en demi-finale face à Barcelone. Drogba est pourtant un miraculé. Personne ne donnait cher de son avenir et même de son présent à Chelsea lorsqu’on lui mit entre les pattes l’avant-centre des champions du monde et d’Europe espagnol, Fernando Torres au début de l’année 2011.  Acheté pour plus de 50 millions de Livres soit 60 millions d’Euros. Mais jamais Torres ne s’affirmera dans le collectif londonien. Alors quand on vit Drogba s’avancer pour frapper le tir au but pouvant emmener Chelsea au paradis c’est tout un peuple “ Blues ” qui se senti soulagé. Drogba oui. Torres non. Il n’était plus question alors de s’en prendre à Drogba l’acteur se roulant de douleur au moindre choc comme ce fut le cas en demi-finale parfois face au Barça. L’homme qui s’avançait vers son destin, c’était Didier le guerrier.

Ses premiers mots de champion d’Europe furent aussi nobles que son comportement sur le terrain: “ Cette équipe ne renonce jamais. Ne se rend jamais. Je crois en la destinée. Il était écrit quelque part que c’était notre tour. Je voudrais dédier cette coupe à tous les managers qui se sont succédés à la tête de Chelsea qui ont accompagné cette quête, cette conquête. Je veux aussi associer tous les joueurs qui ont porté le maillot des “ Blues ”. Cette Ligue des Champions c’est aussi la leur. La vie est fantastique !” En écho Frank Lampard le capitaine de Chelsea eut ces mots : “ Didier est un héros. Un héros absolu. Et je souhaite qu’il reste ; ” D’un coup tout un club qui avait intégré le départ de Drogba distillé par le doute que ses dirigeants avaient fini par laisser transpirer quant à son potentiel, se mettait à espérer un nouveau contrat pour l’Ivoirien. Mais celui-ci allait choisir la sortie. Digne et réfléchie. Même si aujourd’hui on a bien du mal à l’imaginer en Chine du côté de Shanghaï avec Nicolas Anelka. On a bien du mal à ne pas parler de gâchis. Mais la quête du Graal est achevée et le guerrier Drogba est parti pour d’autres conquêtes et d’autres millions d’Euros. Loin de nous. Loin de Londres.

Cech héros ordinaire

 

A l’autre bout du terrain avec son désormais éternel casque de mousse pour le protéger de sa fracture du crâne (os temporal gauche), Petr Cech fut un héros ordinaire. Un penalty sauvé devant Schweinsteiger en début de prolongation, quelques arrêts solides en match. Une demi-finale aller-retour exceptionnelle de la part du portier tchèque… à vous donner envie de lui décerner un Ballon d’Or. Voilà la part essentielle dans la conquête de la C1 qu’il faut mettre au crédit de Petr. “ Ce que nous avons vécu à Moscou en 2008 fut très difficile à digérer. La C1 nous tendait les bras et tout s’est joué sur une glissade de John Terry au moment de frapper son tir au but. Maintenant c’est effacé. ” En contrepoint Didier Drogba allait rendre grâce à son gardien en expliquant : “ au moment où je me suis avancé pour frapper mon tir au but j’ai repensé à mon échec en finale de la CAN avec la Côte d’Ivoire. Je me suis dit tu ne peux pas rater à nouveau. Tu ne peux pas faire ça à Petr. Après tout le travail qu’il vient d’accomplir tu n’as tout simplement pas le droit. ” Aussi Didier s’est avancé faisant le ménage dans sa tête “ Quand tu as un Cech dans les buts, tu dois croire en toi. C’est le minimum. C’est ton devoir. ”

Les jours qui suivirent l’exploit de Chelsea, il ne fut question que des deux héros et de Roberto Di Matteo l’entraîneur improbable d’une équipe qu’il sut remettre à l’endroit après les errances de l’ère Vilas-Boas pour l’accompagner jusqu’au titre européen avec en prime une FA Cup. Aussi Petr Cech se fit un devoir de lui rendre grâce : “ Ces deux coupes remportées elles sont à lui. Il a parfaitement accompli sa tâche et je ne peux imaginer qu’il ne soit pas reconduit à la tête de l’équipe. ” Comme Petr qui dans la foulée de son titre européen à prolongé son bail avec Chelsea jusqu’en 2016. De quoi envisager une nouvelle Ligue des Champions à minima pour Chelsea devenue la 22e équipe à inscrire son nom sur la plus belle des coupes d’Europe.

Préparateur des gardiens de but de Chelsea, Christophe Lollichon a connu Petr Cech à Rennes et l’a suivi en Angleterre. L’amitié qui unit les deux hommes est profonde. Lollichon était sur le banc des Blues le 19 mai dernier.


 

 

 

TSL - Christophe quel souvenir gardez-vous de cette nuit Munichoise ?
Christophe Lollichon - C’est sans doute ma plus belle émotion sportive. Avec Chelsea et avec Petr on a gagné des coupes d’Angleterre, on a été Champion, mais là le sentiment est violent, immédiat et intense. Un championnat c’est une lente montée d’adrénaline. Mais là ce fut une quête tellement improbable que s’en est magique. Qui aurait parié sur Chelsea après notre défaite 1-3 à Naples ? Qui aurait parié sur Chelsea après le tirage au sort nous offrant le Barça en demi-finale. Qui aurait parié sur Chelsea lorsque le Bayern mena au score en finale 1-0 à quelques minutes du coup de sifflet final chez lui qui plus est. Ou lorsque Robben s’élança pour transformer le penalty de la 93e minute ? Personne. Donc forcément quand tu repenses à tout cela tu es guetté par l’extase.

 

TSL - Parlez nous de Petr qui est un miraculé tellement il a connu de blessures et en particulier sa terrible fracture du crâne contre Reading en octobre 2006.
CL - Oublions le passé. Avec Petr on se projette vers l’avenir. Il a un recul parfait sur les évènements de la vie. C’est facile en fait.

 

TSL - Quelle est la relation qui vous unit à Petr ?
CL - Je ne suis pas que le préparateur de Cech mais celui des gardiens de buts de Chelsea. On a mis au point ensemble des exercices pour optimiser les réflexes et travailler le coup d’œil. Lui comme moi est très curieux. Alors parfois on joue au badminton ou à la Peteca qui est un sport brésilien où on utilise ses mains comme des raquettes. Petr est un garçon posé, lucide. Ce n’est pas un fou comme on aime souvent à définir les gardiens de but. Mais Petr a le sens du sacrifice. Donc forcément il s’expose aux blessures, aux coups.  

 

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