TSL#8: My London by Serge BETSEN

La carure est imposante. Le visage peut sembler grave, mais la voix douce et posée rassure. Les derniers doutes disparaissent dans la seconde où le sourire illumine le visage de Serge Betsen. Vous comprenez alors, que le moment à venir s’inscrit déjà dans les délicieuses rencontres que la vie offre parfois. Cette chaleur rompt soudainement  avec le vent glacial des rues de More London ce jour là. Un soleil magnifique s’invite même à notre rencontre. La matinée sera belle. Définitivement belle.

Par Jean-Charles Berton // Photos : Bastien Hug Fouché pour TSL

TSL : De Kumba à Clichy la Garenne après 20 ans passés à Biarritz, te voici à Londres. Quel parcours!
Serge Betsen : C’est vrai que lorsque je regarde en arrière, j’ai conscience de la chance que j’ai de me retrouver ici, à Londres, en 2011. En quittant le Cameroun à 9 ans, j’ai découvert le rugby à Clichy la Garenne. Et de Paris à Biarritz, je me retrouve à Londres en ayant pu voyager partout dans le monde. Je me dis chaque fois que j’ai eu énormément de chance. Il n’y a pas plus beau cadeau. Le rugby m’a gâté, même s’il a fallu du travail et de la détermination pour vivre ces rêves. Aujourd’hui je suis très heureux de ce parcours.

 

 

TSL : Dans cet itinéraire unique, l’arrivée en famille à Londres semble pourtant marquer un vrai tournant dans ta vie. Comment l’expliques-tu?
SB : C’est un ensemble de choses. Le fait de quitter ses habitudes, une certaine facilité. Se remettre en question et s’ouvrir à un nouveau challenge, qui implique également un changement de vie radical pour la famille. Oui c’est un vrai tournant, une envie de voir autre chose. Comme apprendre l’anglais dans la perspective de l’après rugby. J’avais été régulièrement approché par des clubs anglais, mais sans jamais franchir le channel. Ce n’est qu’après la coupe du monde 2007 et pensant avoir fait le tour de la question à Biarritz, que je me suis senti prêt à tenter l’aventure. Le BO m’a tout apporté, excepté le trophée de la coupe d’Europe. Je pense qu’avec Biarritz et l’équipe de France je n’avais eu que de super moments dans ma vie de sportif, de père de famille, d’entrepreneur et de président de mon association. Mais il me manquait quelque chose, un « je ne sais quoi » comme disent les anglais quand il essaient de parler français! J’avais envie de nouveaux challenges. L’opportunité de Londres est arrivée au bon moment !

 

LES ANGLAIS ADORENT NOTRE VIN ET NOTRE CULTURE.

TSL : Pourquoi Londres? Les WASPS?
SB : En 2003, je m’étais donné comme objectif de disputer la coupe du monde en France en 2007. Et quelque part, je songeais même à arrêter après cette grande compétition en France. Et le hasard d‘un coup de fil d’un club, puis des contacts avec des amis qui vivent ici, ont relancé la piste anglaise. Maurice Fitzgerald notamment, insistait depuis longtemps pour que je traverse la Manche. Ensuite pour les WASPS, tout s’est fait assez naturellement, d’autant que Rafael IBANEZ jouait déjà ici. C’est vrai que je ne regrette pas du tout ce choix. La ville est extraordinaire. Cosmopolite et riche en découverte, par ses monuments. Dans le milieu du sport, j’ai même trouvé ce que je cherchais depuis longtemps. Une autre mentalité. J’ai toujours eu des interrogations personnelles, en matière de recherche de performance et ici j’ai trouvé des réponses. Grâce à cet environnement nouveau, mon côté hyperactif peut désormais être pleinement satisfait. Cette remise en question permanente et  ce besoin d’optimisation me conviennent parfaitement.

 

TSL : Tu connaissais bien Londres avant de signer ici?
SB : Non je ne connaissais rien d’autre de Londres que Twickenham, l’hôtel et l’aéroport (rire). Et j’ignorais tout ou presque des richesses de cette capitale, des particularités anglaises, de nos différences. En vivant ici, j’ai pu m’imprégner et découvrir. En premier lieu la langue, mais également une culture que j’ignorais.

 

TSL : Ta première visite à Londres?
SB : J’ai vraiment découvert Londres il y a trois ans, en signant ici. Nous sommes assez conservateurs en France et notre pays est tellement beau que nous ne cherchons pas assez à voir ailleurs. Le prétexte de ma signature a été une révélation. J’ai vraiment été surpris. D’apprendre que les anglais adorent la France par exemple ! Je n’étais plus avec des rivaux, mais avec des coéquipiers. Ils adorent notre vin, notre culture et finalement nous partageons les mêmes valeurs de vie. Une belle, belle découverte.

 

TSL : Sur le plan de la qualité de vie, quelles différences as-tu constaté avec Paris par exemple?
SB : Dans n’importe quelle rue ou quartier, il y a un parc. Tout est pensé pour les familles. De manière générale, les anglais pensent à tout. A tous même. Les personnes handicapées ne sont pas oubliées par exemple, comme en France, trop souvent encore. Sans se prendre la tête, les anglais vivent ensemble. On accepte l’autre tel qu’il est, en étant même curieux de sa différence, pour mieux s’en nourrir.

 

TSL : Tu as été surpris par cette chaleur?
Oui, c’est surprenant encore une fois. Si tu es perdu ou as besoin d’un renseignement dans la rue, les gens viennent à toi pour t’aider. L’échange, le partage, l’intégration font partie du quotidien ici. Tu te sens immédiatement à l’aise et ta vie est facilitée. Londres est une ville vraiment à part sur ce plan. Pour ma famille, tout a été encadré par le club : le choix de l’école, de la maison, du quartier dans lequel nous nous sentirions le mieux. Je savais que les anglais étaient organisés, mais pas  autant! C’est là que certaines de mes frustrations se sont évanouies. Notre mentalité latine et certaines lacunes parfois, contrastent avec cette rigueur. Les anglais sont très méticuleux et ne laissent rien au hasard. C’est un tel soulagement! En revanche, la spontanéité est sans doute moins présente. C’est un peu comme si j’avais trouvé ici le complément qui manquait à mon existence. La conjugaison des deux cultures me procure un sentiment d’équilibre. Sur le plan du rugby, j’ai pu mettre en application ce mélange de flair et de rigueur britannique.

 

TSL : Avec ton emploi du temps de sportif, as-tu vraiment pu profiter de Londres?
SB : Les premiers temps à Londres, j’ai été accueilli par des amis et logé à Notting Hill. Pour découvrir la ville, c’était parfait. Ne pas être logé dans un quartier touristique m’a permis de m’immerger rapidement. Et j’ai pu découvrir ce quartier extraordinaire. Son carnaval, ou le marché de Porto Bello qui me rappelle les puces de Saint Ouen, chez moi. J’ai été assez intrigué par ce phénomène. Enormément de parisiens viennent assister au carnaval. Il y a un vent de fraîcheur et un brassage culturel qui te porte.

 

TSL : Quelles sont tes bonnes adresses londoniennes?
SB : Les bonnes adresses seront plutôt des restaurants français, mais pas seulement. Les idées reçues persistent, alors que la réputation de mauvaise bouffe anglaise n’est plus jusitifée. J’ai appris à découvrir la cuisine indienne très épicée, très colorée, ou la cuisine asiatique que mon épouse adore également. Récemment, nous avons fêté son anniversaire dans un restaurant que nous aimons tout particulièrement. (voir encadré adresses). Pour Noël, il y a des activités que j’ai découvert et qui n’existent pas à Paris. Le côté festif est toujours présent. Quelle que soit la fête, comme halloween, ils se déguisent et sont à 200%, enfants et parents. Ils font tout à fond, sans prise de tête encore une fois. On s’amuse, sans se poser de questions. Tout le monde s’amuse. C’est le bonheur!

TSL : Tu n’es encore pas officiellement retraité, mais sans club. Quel est l’emploi du temps de Serge Betsen actuellement?
SB : Le fait d’être toujours très actif, sur le terrain et en dehors, ne me laisse pas le temps de m’ennuyer. J’avais ouvert un SPA et je développe désormais mes activités de coaching en entreprises. J’ai une vraie passion pour la recherche du bien-être et de la performance, en poussant assez loin la réflexion sur la possibilité d’étendre certaines pratiques au monde de l’entreprise. Lors de séminaires par exemple, j’interviens sur des sujets tels que l’esprit d’équipe, la solidarité. Pour être performant, il faut également rassembler un certain nombre de paramètres, dont la bonne santé et le bien-être en sont des priorités, parfois négligées. On insiste beaucoup sur d’autres critères plus évidents. L’expérience anglaise m’a, là encore, énormément apporté. Désormais, j’ai une vision globale et plus fine. J’ai appris certaines choses ici, qui me paraissaient pourtant acquises. C’est une vraie remise en question. Cette capacité à analyser le détail du détail, te permet de comprendre et de verbaliser ce que tu faisais par instinct. Ce fameux mélange d’esprit latin et de pragmatisme anglais.


TSL : C’est plutôt excitant de se dire que cette expérience anglaise t’ouvre davantage de perspectives de reconversion.
SB : Lors de la dernière coupe du monde en Nouvelle-Zélande, j’ai énormément échangé avec Tana Umaga sur son expérience toulonnaise. Il y a de réelles similitudes entre nos expériences respectives. Nous avons tous les deux évolué et nous sommes enrichis de pouvoir être immergés dans une autre culture. Les All Blacks, c’est d’ailleurs une sorte de mix entre français et anglais. Ils ont pris le meilleur des deux styles.

 

TSL : On sent ton besoin de nouveauté, de rencontres.  Comment te vois-tu évoluer à présent?
SB : Apprendre des autres disciplines sportives, se nourrir de nouvelles méthodes, d’expériences, d’un autre vécu. S’ouvrir aux autres, c’est apprendre. Toute ma carrière est basée sur des petits détails, pas forcément spectaculaires, mais pourtant indispensables. Et c’est ce que je propose aux entreprises en terme de coaching. J’aime recevoir pour transmettre.

 

TSL : C’est cette forme de générosité, qui te caractérise sur les terrains de rugby et que tu transposes dans ton académie Peux-tu nous présenter la Serge Betsen Academy?
SB : Juste avant, si tu permets, je voudrais préciser quelque chose. Par rapport à la générosité justement… Je tiens à tirer mon chapeau aux avants. Je ne veux pas critiquer les ¾, mais on ne parle jamais de ces 5 de devant. Quand ça va mal c’est de leur faute et quand tout va bien, on les oublie. Mais j’ai conscience d’avoir pu accomplir des choses sur le terrain grâce à eux. Donc j’en profite pour leur rendre hommage. Ils font leur boulot, sans rien attendre. Cet esprit de sacrifice m’a également apporté. La souffrance collective, pour une réussite collective. Merci à tous ces avants donc.

 

JE SAVAIS LES ANGLAIS ORGANISES, MAIS PAS AUTANT !

TSL : Nul doute qu’ils apprécieront! Mais parle nous de la Serge Betsen Academy...
SB : L’idée est venue dans des  circonstances particulières. Mon cousin, qui est décédé depuis, m’a appris que le rugby était pratiqué par des jeunes au pays. J’avais déjà envie de retourner aux sources, de revenir sur mes terres natales. Après mon mariage, j’y suis retourné avec ma belle famille. C’était fort. Emouvant. C’était dur aussi. Et j’ai vu ces enfants jouer sur une terre dure comme du béton. S’amuser avec rien. J’ai été profondément touché et j’ai eu envie de faire quelque chose. En commençant par offrir des anciens maillots, des ballons. Puis en structurant nos actions, pour permettre un encadrement scolaire et l’accès à la médicalisation. Des choses banales de notre quotidien, qui sont là-bas encore très compliquées. Etre né dans une famille défavorisée, ou orphelins même pour certains, c’est déjà être privé d’une ouverture sur le monde. Parmi les enfants que nous encadrons par le rugby, tous ne seront pas champions évidemment, mais si l’académie peut offrir l’occasion à un jeune de réaliser ses rêves, c’est déjà une victoire. Notre rôle est d’aider par des actions parfois simples comme payer la scolarité, le matériel scolaire ou l’uniforme d’un enfant, mais aussi permettre l’hospitalisation et l’accès aux soins à des gosses qui en ont besoin. Une jeune fille hyper douée, mais dont la famille n’avait pas les moyens, a été aidée par l’association et réussit aujourd’hui ses études. Récemment encore, j’étais au Cameroun. A Bangangté et Bafia d’où mes parents étaient précisément originaires. J’ai pu mettre en place certains projets utiles à la population locale. Nous avons notamment visité une école publique dont le toit menace de s’écrouler, mais dont les travaux ont été arrêtés par manque de moyens. C’est un dossier sur lequel nous pourrons agir. Nous réfléchissons aussi à des possibilités en région parisienne, avec évidemment une approche différente de l’Afrique. Mais les besoins sont tout aussi réels.

 

TSL : Et le rugby est également un moyen pour les jeunes de se révéler?
SB : A Yaoundé, nous avons créé une école de rugby, qui est très performante. L’idée n’étant pas de monter une organisation artificielle. Nous faisons en sorte de responsabiliser les éducateurs et les jeunes. Il s’agit d’un soutien, pas d’un assistanat. A titre d’exemple, ils se sont cotisés pour payer leurs déplacements en championnat. Mais le rugby reste un prétexte pour parler de scolarisation et de médicalisation. Le message passe plus efficacement.

 

TSL : C’est également une forme de renvoi d’ascenseur pour toi?
SB : Donner, partager, c’est prolonger ce que j’ai fait sur les terrains. C’est aussi le moyen de rendre un peu ce que le rugby m’a apporté. Je suis conscient d’avoir une vie de rêve. C’est important de donner l’occasion à un jeune de vivre ses rêves. On sert à quelque chose...

 

TSL : Concrètement, comment peut-on aider ton association?
SB : Justement en parrainant un enfant pour lui payer sa scolarité et le suivi médical. Actuellement, nous rédigeons le programme des activités 2012. Et grâce au site internet, chacun pourra se renseigner sur nos activités et s’il le souhaite, participer activement à nos programmes (voir encadré). J’envisage peut-être d’organiser mon jubilé. Mais je vous en dirai davantage dans quelques temps...

 

TOUT CE QUE JE FERAI A L'AVENIR, TOUCHERA DES DOMAINES QUI ME PASSIONNENT.

TSL : 2012 marquera donc ta fin de carrière, mais c’est également une très grande année pour Londres. Penses-tu assister aux JO?
SB : Grâce aux Etoiles du Sport, j’ai pu côtoyer des athlètes olympiques et appréhender ce fameux «esprit». Je suis passionné de sport et j’ai cette chance d’être à Londres en 2012. J’ai même fait en sorte de rester une année de plus pour profiter pleinement des Jeux olympiques. Français et anglais s’étaient battus pour l’organisation des Jeux. Et j’espère pouvoir en profiter. C’est également une autre occasion de se challenger et de se chambrer même, avec mes amis anglais.

 

TSL : On revient toujours à cette rivalité! Les meilleurs ennemis...
SB : Oui comme ce quart de finale de Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. J’avais annoncé aux journalistes que le XV de France allait me venger de mes défaites en 1/2 finales face aux anglais. J’ai même gagné un pari qui m’a valu un excellent dîner, servi par Kyran Bracken! Il y a toujours une bonne raison de se chambrer.

 

TSL : Tu suis certainement encore le Top14. Comment vis-tu les difficultés du Biarritz Olympique?
SB : Je reste le premier supporter du BO et dès que l’occasion m’en est donnée, je vais les supporter, comme à la finale de H Cup contre Toulouse, il y a deux ans. J’ai souvent mes anciens partenaires au téléphone. Ce sont des moments difficiles, mais il faut rester grands. La vie est un défi permanent. Celui-ci est de taille, mais  les internationaux, Imanol, Dimitri, Damien, Fabien ou Raphaël font partie du gratin. Ils sont vice-champions du monde et doivent pouvoir réussir ce redressement. Je leur souhaite de tout coeur.

 

TSL : En t’écoutant, on sent une réelle envie d’encadrer, de transmettre. Une vocation?
SB : (il hésite) Bonne question.... Oui c’est un domaine qui m’attire. Mais je dois d’abord digérer quelques événements et surtout j’ai envie de prendre le temps. Apprendre à manager aussi. J’ai tellement vu des joueurs passer trop vite au métier d’entraîneur et se planter... Je suis en pleine réflexion. Mais tout ce que je ferai à l’avenir touchera des domaines qui me passionnent. Toujours cette recherche de performance et de bien être.

TSL : Facebook, Twitter, sites internet... Tu es un rugbyman connecté! Une autre passion?

 

SB : Pas une passion, mais ces outils high-tech me plaisent. Et c’est vrai qu’ici, les réseaux sont nettement plus utilisés qu’en France. Twitter fait partie du quotidien depuis plusieurs années. J’essaie de ne pas être largué. Et le côté proactif me plait.

 

TSL : Il faut souligner ton effort de twitter dans les deux langues!
SB : Oui, mais encore une fois quitte à faire les choses, autant les faire bien. J’ai la chance d’avoir une collaboratrice qui m’aide et que je remercie au passage. Tous les jours, je progresse un peu plus encore... comme ma pratique de l’anglais!

 

TSL : Veux-tu ajouter un mot de conclusion?
SB : Je suis content de voir que la France est représentée dans le monde. On m’avait prévenu qu’à Londres, j’allais embrasser le monde. Ici, j’ai découvert cette culture, la ferveur du sport en général, celle du foot anglais autour de Chelsea et Arsenal. J’ai beaucoup voyagé, suis allé aux Philippines, à Honk-Kong, à Dubaï. J’ai même disputé un match d’anglo-welsh cup face aux Harlequins à Abu Dabhi, au parc de l’Emirates Palace l’année dernière. C’est un peu hallucinant, mais c’est comme ça ici. Londres est fascinante. Mon conseil : venez à Londres! Le public français me manque beaucoup car j’ai toujours eu des encouragements sans faille ! Merci à tous mes fans !


TSL : Au nom des amoureux du rugby en France, un grand merci pour ta magnifique carrière! En espérant revoir le consultant Betsen lors du prochain tournoi des VI Nations par exemple?
SB : J’espère renouveler mon expérience de consultant avec la BBC, notamment pour France - Angleterre en mars prochain. Mais je vous tiendrai au courant. J’ai aussi une petite idée en tête, pour un événement que je souhaite organiser le samedi, veille du match justement... Keep in touch!

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