TSL#12 : My London by...        Suggs (MADNESS)

Comment en quelques décennies, les Nutty Boys - une bande de jeunes anglais issue du nord de Londres - ont-ils obtenu le titre de ‘Trésor National’. La consécration est venue durant l’année 2012. Du toit de Buckingham Palace au sommet du monde cet été, MADNESS effectue un retour fracassant sur la scène internationale! Les titres comme ‘Our House’ n’ont pas fini de résonner dans les soirées parisiennes. Car croyez-nous ces mecs sont vraiment back to business avec ce dernier album! Dès Janvier à Cannes et pour fêter le printemps à Paris, leurs concerts s’annoncent déjà comme de grandes dates à ne rater sous aucun prétexte. Alors pour TSL, c’est un immense... Oui, Oui, Si, Si Ja, Ja, Da, Da! Redécouvrez Londres avec Graham McPherson, alias Suggs, le chanteur du groupe qui vit encore dans la ville qui a vu naître les Nutty Boys....

Interview : Darren Tulett  // Photos : Bastien Hug-Fouché pour TSL

DARREN TULETT : Madness est un groupe Londonien, mais dans quel quartier de la capitale as-tu grandi ?
SUGGS : J’ai grandi à Camden, dans le nord de Londres. A l’époque, il y avait plein d’Irlandais et de Chypriotes Grecs, ce qui faisait un bon mélange. La Guinness était bon marché, la bouffe aussi ! C’était un environnement parfait pour grandir, il y avait un peu de tout. Ce n’était pas un quartier aisé, même plutôt l’inverse, mais on y a bien rigolé. Les autres gars de Madness étaient aussi de Camden où de Kentish Town, juste à coté. Avec la plupart on se connaît depuis l’âge de 12, 13 ans. On était à l’école ensemble.

 

DT : Les premiers concerts aussi étaient à Camden, non ?
Suggs : Oui, on a commencé à jouer dans les pubs du quartier. Dans le temps, tous les pubs avaient des salles à l’arrière et les jeunes groupes avaient donc des endroits où apprendre le métier, en quelque sorte. C’est super important, ça. Aujourd’hui beaucoup de ces endroits ont disparu, ce qui m’attriste. Ces lieux font partie de notre héritage culturel. Bref, à l’époque les propriétaires s’en fichaient de savoir si vous saviez jouer ou pas – si vous étiez capables de faire venir quelques potes ça voulait dire que le type allait vendre quelques pintes de bière de plus et ça suffisait à son bonheur !

 

DT : Je détecte là un soupçon de nostalgie…
Suggs : Tout a changé, bien sûr. Camden a tellement changé. Moi, quand je grandissais, il y avait des étables et un vrai hôpital pour les chevaux là où aujourd’hui il y a le Stables Market ! Dans les années 70 il y avait quelques hippies qui traînaient par là, vendant leurs bâtons d’encens mais sinon pas grand-chose. Maintenant, Camden Market est la troisième destination touristique de la ville ! Des centaines de milliers de touristes affluent dans les rues de Camden tous les week-ends. Mes gosses adorent, bien sûr. C’est une autre génération.

 

DT : Mais ce n’est pas pareil pour toi…
Suggs : Non, forcément. Mais je peux comprendre pourquoi les étrangers viennent. Camden Market est haut en couleur.

 

DT : Si nous trainons dans le quartier est-ce nous risquons de te croiser ? Est-ce qu’il y a un pub ou tu peux toujours aller boire un coup, tranquille ?
Suggs : Oui ! Je peux encore aller boire un coup au Dublin Castle, l’un de ces pubs où nous avons commencé notre parcours. Le Dublin Castle est l’un des rares endroits toujours indépendant des grosses chaines. C’est géré par une famille que je connais bien car on jouait là à nos débuts, lorsque le pub était sous la direction du papa du mec qui le tient aujourd’hui. Génial, non ?


DT : Tu as vu beaucoup de changements à Londres, forcément, depuis ton enfance. Il y a un truc qui me frappe, moi, et c’est le simple fait de voir des terrasses partout, devant les cafés, les bars. Quand on était petit ça n’existait pas. On n’aurait jamais imaginé boire une tasse de thé dans la rue, en dehors des grosses chaleurs d’été. Ca a l’air de rien, peut-être, mais ca change vraiment la façon de vivre, d’être, et c’est l’un des nombreux changements que notre ouverture vers le continent  a ramené. La vraie révolution de ces 25 dernières années fut l’arrivée du voyage pas cher. Ce qui a permis aux britanniques d’aller voir le monde et ça nous a changé comme peuple.

Suggs : Ma foi, on en a vu des changements ! Londres ne ressemble pas du tout à la ville que j’ai connue petit. Mais je dis ça d’une façon positive. Pour moi, Londres est la ville la plus géniale, la plus cosmopolite du monde. Londres, c’est une évolution permanente. Il y a toujours des gens qui arrivent, d’autres qui partent, un va-et-vient sans fin. C’est fabuleux, ça crée des liens entre les gens, une énergie et un dynamisme que l’on ne trouve pas partout. Avec tous ces gens différents, on peut manger absolument tout genre de nourriture dans différents coins de la ville. C’est les Jeux Olympiques de Londres qui me l’ont rappelé : les Jamaïcains allaient bouffer à Brixton, les Somaliens à Ealing – il y a un coin pour tout le monde !

 

DT : Comment as-tu vécu les Jeux olympiques ?
Suggs : C’était absolument fabuleux ! Pendant deux semaines, personne à Londres n’était malheureux. C’était comme si tout le monde avait décidé de mettre de côté ses soucis pour vivre un moment magique. Le pays entier s’est plongé dedans du début jusqu’à la fin. Et qu’est-ce que ça nous a fait du bien ! Deux semaines de bonheur !

 

DT : Et, cerise sur le gâteau, Madness y était aussi ! Vous avez joué pendant la cérémonie de fermeture.
Suggs :  Un privilège. Ce fut une soirée extraordinaire.

 

DT : Cet été 2012, Londres fut le théâtre, de deux très grands moments dans la carrière de Madness, car vous avez aussi joué lors de ce concert géant pour fêter les 60 ans de règne de sa majesté Queen Elizabeth. Mais pas sur une scène habituelle…
Suggs : Tu m’étonnes ! On a joué ‘Our House’ sur le toit de Buckingham Palace ! Extraordinaire ! Ce fut un moment très spécial pour nous, comme tu peux l’imaginer. Qui aurait pu y penser, que des petits crapauds de Camden finiraient sur le toit du monde ?

DT : Comment as-tu vécu les Jeux olympiques ?
Suggs : C’était absolument fabuleux ! Pendant deux semaines, personne à Londres n’était malheureux. C’était comme si tout le monde avait décidé de mettre de côté ses soucis pour vivre un moment magique. Le pays entier s’est plongé dedans du début jusqu’à la fin. Et qu’est-ce que ça nous a fait du bien ! Deux semaines de bonheur !

 

DT : Et, cerise sur le gâteau, Madness y était aussi ! Vous avez joué pendant la cérémonie de fermeture.
Suggs :  Un privilège. Ce fut une soirée extraordinaire.

 

DT : Cet été 2012, Londres fut le théâtre, de deux très grands moments dans la carrière de Madness, car vous avez aussi joué lors de ce concert géant pour fêter les 60 ans de règne de sa majesté Queen Elizabeth. Mais pas sur une scène habituelle…
Suggs : Tu m’étonnes ! On a joué ‘Our House’ sur le toit de Buckingham Palace ! Extraordinaire ! Ce fut un moment très spécial pour nous, comme tu peux l’imaginer. Qui aurait pu y penser, que des petits crapauds de Camden finiraient sur le toit du monde ?

DT : C’est une consécration, quand-même. Quelque part c’est une reconnaissance de votre place dans notre culture populaire, non ? Les Anglais aiment Madness, vous avez une place dans nos cœurs !
Suggs : C’est vrai que le groupe fait partie du paysage musical depuis longtemps, et l’été 2012 fut une espèce de consécration. On a désormais notre petite place dans la culture du peuple, ce qui est absolument génial et aussi un vrai honneur. ‘Our House’, que nous avons joué et sur Buckingham Palace et aux JO, est devenu en quelque sorte l’hymne national non officiel ! On s’est retrouvés élevés à un tout autre rang, et on a pu constater une côte d’amour pour Madness que l’on a peut-être ressentie auparavant, par moments, mais jamais vraiment comme ça. Tout d’un coup, on nous a collé cette étiquette de ‘trésor national’ et c’est comme si les gens avaient envie de nous faire des bisous. Je pense que les gens se sont rendu compte que nous avions joué, à travers nos chansons et nos concerts, un rôle dans leurs vies. Ces deux moments magiques ont rappelé beaucoup de bons souvenirs aux gens.


DT : Ca doit faire plaisir !
Suggs : Tu sais, on a cette chance énorme d’être aimés par le public. Comprends-moi bien, on a bossé dur pendant longtemps pour y arriver. Mais de se trouver dans les cœurs de nos concitoyens comme ça, eh bien ça fait chaud au cœur ! Je discutais avec une célébrité dont je tairai le nom l’autre jour et il me racontait un incident où un type lui a craché à la figure dans la rue. Il m’a demandé si je n’étais pas fatigué d’être reconnu, de devoir répondre aux gens dans la rue. Et franchement, j’ai pu lui dire non, car les gens nous aiment, nous veulent du bien, et ce genre de truc ne nous arrive pas. Tu sais, lorsque nous avons commencé à jouer ensemble c’était dans le but de bien nous amuser, de faire danser les gens, de partager notre bonheur d’être sur scène. Et rien n’a changé. Notre message, même quand on chante une chanson avec des paroles mélancoliques, a toujours été positif. On voit le verre à moitié plein. On encourage un positivisme, l’affirmation de la vie. Et quelque part, sans vouloir être prétentieux, je pense que ça a été le rôle de Madness – d’apporter un peu de gaieté dans la vie des gens. Et lorsque nous sommes en concert, sur scène, on voit la joie du public, les sourires, la volonté de tout oublier pendant quelques minutes, de se laisser aller, et ça nous apporte beaucoup de bonheur. C’est notre raison d’être.

 

DT :  Un mot de football, Suggs. Je sais que tu es supporteur de Chelsea – comment ça se fait vu que tu viens du nord de Londres ? Je t’aurais vu plutôt fan d’Arsenal ou de Tottenham.

 

Suggs : Si je suis effectivement un nord-Londonien, j’ai quand même habité, brièvement, à Fulham quand j’étais très petit. Et Chelsea est devenu mon club. Tu sais comment c’est pour nous Britanniques, ton club c’est pour la vie ! A cette époque, entre 1968 et 1970, Chelsea avait la meilleure équipe de toute son histoire, en plus, avec Peter Osgood, Alan Hudson, Charlie Cooke. Fabuleux ! Après, nous sommes retournés dans le nord et je me suis dit que je devrais peut-être essayer de devenir fan d’Arsenal, effectivement. Je suis même allé au vieux stade de Highbury, mais alors que tous les mecs autour chantaient, moi je ne pouvais pas sortir le mot ‘Arsenal’ de ma bouche!  Je n’avais plus le choix, c’était trop tard. J’avais Chelsea dans les veines. Et pourtant j’en ai souffert. On n’a plus rien gagné pendant 27 ans et j’ai même vécu deux relégations avec The Blues.
 
DT : Tu vas à Stamford Bridge parfois ?
Suggs : Plus très souvent, j’avoue...
 
DT : On n’a qu’à organiser une sortie avec TSL – on t’invite à un match quand tu veux !
Suggs : Marché conclu !
 
DT : Récemment TSL a reçu  un courrier de Boris Johnson (ndlr le maire de Londres), que nous avons rencontré pendant les JO. Il a eu vent de notre collaboration pour la sortie de votre nouvel album et nous a demandé de vos nouvelles ! Tu savais que Boris était un fan de Madness ?
Suggs : C’est marrant que tu me racontes ça. Un ami à moi travaillait avec Boris et il m’a rapporté que, justement, il écoutait nos chansons dans sa voiture. C’était l’un des fans du début, paraît-il. Je vais devoir lui envoyer notre nouvel album !

 

DT : Pour finir, Suggs, un endroit où aller pour nos lecteurs qui vont peut-être découvrir Londres ?
Suggs : L’endroit où aller, c’est toujours Soho pour moi. J’y ai mes habitudes. Pour le café, Bar Italia, Frith Street. Une institution. Pour boire un coup, French House, sur Dean Street. Vous voulez un restaurant anglais, moderne ? Quo Vadis, Dean Street. Sinon, des tapas chez Barafina, Frith Street. Ou le meilleur Chinois en dehors de Shanghai, sur Gerrard Street. Par la suite, vous allez voir une pièce de théâtre ou une comédie musicale sur Shaftesbury Avenue ou St. Martins Lane et vous terminez la soirée à Trisha’s, sur Greek Street, l’un des derniers endroits ‘vieux-jeu’ à souhait, où il fait encore bon boire un coup entre personnages pas nécessairement très catholiques !

 

 

  Remerciements à The Long Hop, My MINI Révolution & ATMOSPHERIQUES.

Ci-contre, le courrier que Boris Johnson (maire de Londres) nous a adressé et qui mentionne la récente opération de promo réalisée avec son groupe favori... MADNESS!

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