TSL#10: My London by Louis SAHA

Sans doute l’un des frenchies les plus discrets de Premier League, P’tit Louis est devenu grand parmi les grands. De Metz à Tottenham, Louis Saha a construit une carrière et un palmarès souvent méconnus en France. Profitant de sa présence sur les antennes de beIN SPORT durant l’Euro, TSL est allé à la rencontre de l’ex-international français. Il est question de Londres, cette capitale qu’affectionnent tant les joueurs de football...

Par Darren Tulett // Photos : Bstien Hug Fouché pour TSL

Darren Tulett : S’il y a un joueur français qui connait bien la Premier League, c’est bien toi l’ancien Messin, car tu as passé 13 saisons en Angleterre ! Dont quatre années à London, entre tes débuts à Fulham dans les années 90, puis la saison dernière avec les Spurs de Tottenham. En plus, tu as gagné deux fois le titre de champion d’Angleterre avec Manchester United. De quoi avoir de beaux souvenirs, on imagine ?
Louis Saha : Que du bonheur ! Franchement. Ce sont de fabuleux souvenirs. Je n’aurais jamais pu imaginer que je passerai les plus belles années de ma carrière en Angleterre – j’étais très loin d’y penser quand j’étais gamin à Metz et qu’on essayait de me faire croire que je n’avais pas le niveau !

 

DT : Comment es-tu arrivé en Angleterre, justement ?  Tu étais tout jeune quand le FC Metz t’a prêté à Newcastle. Et là, tout d’un coup tu t’es retrouvé à jouer aux côtés d’Alan Shearer !

LS : J’étais tout jeune et ça s’est un peu passé comme si j’étais dans un rêve. Avec le recul je me dis que je n’ai pas pu réaliser tout ce qui m’arrivait. Je n’ai pas tout de suite saisi que je changeais de pays. Et pourtant tout était different ! Mais j’ai eu la chance d’être aidé. Ici, il y a tout de suite des gens qui gèrent pour te mettre dans un hôtel, puis te trouver un appartement, te louer une voiture et faire en sorte que tu sois à l’aise, quoi. Et il y avait d’autres Frenchies au club pour aider mon intégration. A cette époque il y avait Didier Domi et Laurent Charvet à Newcastle et ça m’a bien aidé. Mais je ne parlais pas vraiment anglais, alors que je peux te dire que l’accent là-bas, l’accent geordie (1), est plus que compliqué !

JE PEUX DIRE QUE L’ACCENT GEORDIE, EST PLUS QUE COMPLIQUE !

DT : Tu as raison ! Même moi, en bon Anglais du sud, j’ai du mal parfois avec l’accent des gens du nord-est !
LS : Mais voilà, j’ai tout de suite kiffé la mentalité anglaise. J’étais dans une bulle de bonheur – en Angleterre les gens, même les supporters, ne t’agressent pas dans la rue, il y a un respect pour les footballeurs. Donc, quand tu joues au foot, tu nages dans le bonheur. Franchement, dès les premiers jours, c’était génial !

 

DT : Après ton passage à Newcastle il y a une saison avec le FC Metz avant de repartir en Angleterre. Et cette fois pour de bon !

LS : Oui, et encore une fois tout s’est passé comme dans un conte de fées. Quand je suis arrivé à Londres, Monsieur Al-Fayed m’a mis dans un super hôtel à côté de Hyde Park, pendant que nous terminions les négociations. Je me souviens encore. Je suis arrivé à la porte de ma chambre. Je l’ai ouverte et j’ai découvert encore plein d’autres portes devant moi. Avec d’autres chambres ! C’était une immense suite! Je me suis dit que j’étais arrivé au paradis. J’ai mis mon père dans une chambre et j’aurais pu loger toute ma famille. Mais bon, il a bien joué le coup, le président – la suite ce n’était que pendant la négociation ! Il m’a bien eu (rires) !

 

DT : Monsieur Al-Fayed, c’est un personnage mythique dans le paysage footballistique anglais. En voici une nouvelle illustration !

LS : C’est vrai, mais je n’ai jamais eu à me plaindre de ce choix. J’ai passé des années superbes à Fulham. Après l’hôtel de luxe, je me suis retrouvé dans un hôtel sympa de Wimbledon, dans le sud de Londres. Wimbledon c’est comme un petit village. Vraiment  fabuleux. Je le recommande à n’importe quel visiteur – allez-y faire un tour, c’est trop sympa. En tous cas, les premiers jours je me souviens de gens souriants, qui te tendent la main. Tout le monde veut t’aider. Et heureusement, car c’est un peu dur au début, lorsqu’on ne connait rien du pays. J’ai eu la chance d’avoir été casé toute de suite - ma femme me faisait des petit plats et tout - mais tu dois trouver des repères dans ta nouvelle ville et ce n’est pas toujours facile ! J’en ai fait des tours du M25 ! Tu te perds facilement ! Enfin, mon adaptation s’est passée dans la bonne humeur, j’étais super content. C’était une bonne expérience.

MONSIEUR Al-Fayed A BIEN JOUE LE COUP PENDANT LA NEGO... ET J'AI PASSE DE SUPERBES ANNEES A FULHAM.

DT : Pour revenir au terrain, comment se sont passés tes débuts ?
LS : C’est Jean Tigana qui m’a fait signer à Fulham. Le club se trouvait alors en deuxième division. On a fait une super saison et j’ai marqué beaucoup de buts. (NDLR 27) Nous sommes montés en Premier League. C’était top ! J’ai joué trois ans et demi à Fulham, puis Sir Alex Ferguson m’a proposé de signer à Manchester United.

 

DT : On va sauter quelques années pour parler de ton retour à Londres au début 2012. Un transfert surprise, d’Everton à Tottenham. Avais-tu l’impression de bien connaître la ville ?
LS : Même si je ne connais pas Londres comme ma poche, il est vrai que j’ai des répères maintenant. J’ai encore des amis de ma période Fulham. Il y a une multitude de restaurants que je connais. A Londres, tu rencontres du monde, du beau monde. C’est surprenant parfois. Mais Londres est vraiment l’une des plus belles villes du monde !

DT : Un endroit où tu aimes aller plus particulièrement ? Pour emmener des amis ?
LS : A l’époque j’allais très, très souvent à la Mamounia. Très sympa chez momo ! J’y allais régulièrement avec mes potes. Il y a des petits salons privés. Et il y a même possibilité de jouer à la playstation à l’étage ! C’est fait pour moi cet endroit ! Mais Londres c’est une multitude de petits et grands restaurants. On y mange très bien contrairement aux idées reçues. Récemment, j’ai encore découvert un resto hyper bon, dans une toute petite rue.  

 

DT : Tu parlais de «beau monde». Tu as fait des rencontres à Londres ? Raconte-nous Louis !
LS : Mais il y a énormement de beau monde à Londres ! Les gens du cinéma, de la chanson. Tu peux rencontrer des célébrités, comme ça, en te baladant dans la rue! Mais toujours avec ce respect qu’ont les anglais. Tu es à l’aise partout. C’est marrant, les latins sont tout de suite plus tactiles, plus intrusifs...

 

ICI, JE PEUX PRENDRE LE METRO. J'AI MEME UTILISE LE VELIB' LONDONIEN.

DT : Donc tu vis différemment à Londres que si tu étais joueur au PSG ou à Milan par exemple ?
LS : Ecoute, à Londres c’est très simple : je vis comme monsieur Tout le Monde. Et c’est tant mieux! Je peux prendre le métro, déjà. Tu ne fais pas ça partout !

 

DT : On peut vraiment croiser Louis Saha dans le métro à Londres ?
LS: Bien sûr ! J’ai même utilisé le Vélib’ londonien (rires) ! C’est certain que tu ne vas souvent croiser un joueur du PSG dans les transports en commun, mais je t’affirme qu’à Londres les gens te laissent tranquille. Même Thierry Henry à l’époque se baladait cool dans les rues et tout le monde savait qui il était. Je trouve ça bien justement. Je suis comme tout le monde, j’ai le droit de parler de tout comme tout le monde, de faire comme tout le monde. Pourquoi un joueur de foot ne pourraient pas vivre « normalement » ?

 

DT : Je me souviens que Marcel Desailly me disait la même chose par rapport à sa vie à Milan, puis à Londres. En Italie, il ne pouvait pas sortir, car les gens le pressaient au restaurant, dans la rue, voulaient le toucher, lui parler de football. Alors qu’à Londres, il sa baladait tout seul ou en famille sans se sentir épié, ni harcelé. Ici, les gens te reconnaissent mais gardent une distance. Et Marcel me disait vivre à Milan non, mais à London yes !

LS: C’est ça que j’apprécie chez les anglais. Ils sont fan, ils te le montrent, mais ils respectent aussi ton droit à une vie privée ! Et ça donne envie de rester à Londres. Je le vois dans mon entourage, dans le foot mais aussi du côté showbiz.

 

DT : Ah bon, tu fréquentes les stars autres que les footballeurs, Louis ?
LS: Non! Enfin, parfois on croise des gens, quoi... Londres, pour moi c’est comme New York, où tu peux te retrouver nez à nez avec Jay-Z dans la rue. A Londres j’ai croisé Spike Lee un jour ! Wow ! C’est quand même Spike Lee !

 

DT : Un ami de Thierry Henry justement ! On les voit parfois ensemble aux matchs des Knicks.
LS: Et oui, Titi le connait maintenant (rires) !

 

DT : Thierry Henry est l’un des personnages de ton livre. Qu’est-ce qui t’a donné envie d’écrire ?
LS: A un certain moment j’avais besoin de transmettre. L’envie d’apporter quelque chose, d’abord à mon petit frère, qui est 12 ans plus jeune que moi et veut devenir footballeur. C’est une façon de lui dire certaines choses, tout en racontant à un maximum de personnes ce que j’ai connu... Ce qui en fait un livre un peu différent j’espère.

 

DT : Effectivement, ce n’est pas une autobiographie.
LS: Non, ce sont plutôt des histoires d’hommes, qui ne me cantonnent pas au simple rôle du footeux. Je m’adresse aux amis, aux parents.

 

DT : Je trouve justement qu’on a l’impression de t’entendre quand on lit ton livre. Tu as trouvé un ton très personnel. Et tu as tenu à tout écrire toi-même, non ?
LS: Oui, j’ai écrit tout seul. Et puis j’ai  réécrit pour éliminer les phrases qui ne marchaient pas, encore et encore... à la fin j’ai cherché un peu d’aide pour que ça ne fasse pas «livre de quartier», quoi (rires) ! Mais j’en suis content, ça m’a fait du bien et j’espère que ça donnera du plaisir aux autres.

 

DT : Pour finir, un mot sur ton rôle de consultant sur beIN Sport. On t’a vu trés détendu, à l’aise sur le plateau pour commenter l’Euro 2012. Comment as-tu vécu cette expérience ?
LS: Un vrai plaisir, je me suis régalé ! J’ai passé des supers moments avec toute l’équipe et c’était une expérience très intéressante pour moi... ça donne des idées (rires) !

 

 

 

(1) accent typique de la région de Newcastle-upon Tyne. Selon les accents, on peut découper le Royaume-Uni en cinq régions principales : l’anglais du Sud, l’anglais des Midlands, l’anglais du Nord, l’anglais gallois et l’anglais écossais. Les plus connus (et peut-être les plus difficiles à comprendre) sont l’accent Geordie de Newcastle-upon-Tyne, le Glaswegian de Glasgow, le Scouse de Liverpool et le Mancunian de Manchester.

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